« Esclavage » moderne à l’Appart’city Euromed

Une nouvelle rentrée de septembre commence sous l’ère Hollande et rien ne change. C’est un peu comme une impression de déjà vu … Hier nous étions dans la rue pour dire notre refus de la loi El Khomri et ce matin, nous étions devant l’ Appart’city Euromed à Marseille pour soutenir les femmes de chambre en grève.

Tract de la CNT-Solidarité Ouvrière
Tract de la CNT-SO

Cette année 2016 c’est la 3ème lutte de cette nature que nous soutenons à Marseille. En mars nous étions devant le « Villa Massalia », en juin c’était le « B&B » à la Joliette et donc maintenant c’est l’Appart’city Euromed. Les revendications sont toujours les mêmes. En particulier la fin du paiement à la tâche et l’installation d’une pointeuse afin de comptabiliser les heures effectives (les heures complémentaires et supplémentaires ne sont pas payées depuis mars 2016).

Les salariées ont 4 heures pour faire 10 chambres. C’est-à-dire nettoyer les pièces, faire les lits, la salle de bain et les toilettes, descendre les serviettes dans la buanderie, remonter le linge propre, vider les poubelles dans le local dédié, parfois attendre que les clients libèrent les chambres etc. Pas besoin de réfléchir beaucoup pour comprendre que le temps imparti n’est pas adapté. Nous avons vu la fiche de salaire du mois de juillet de l’une des grévistes qui a noté ses heures d’arrivée et ses heures de départ : 114h pour autant elle n’a été payée que 86 heures … Elle a donc travaillé 28h sans être payée soit un manque à gagner d’environ 2OO euros.  En moyenne ces femmes de chambre travaillent 6. Au-delà de ces chiffres, ce sont des femmes qui ont des vies, des envies, des besoins, des contraintes dont les revenus sont rognés par des pratiques illégales. A cela s’ajoute un mépris de leurs employeurs, difficile pour elles d’avoir un interlocuteur. Leur employeur est la société de services SAMSIC (Aix en Provence) qui s’appuie sur le contrat passé avec l’hôtel Appart’city (Marseille) pour ne pas avoir à leur répondre, l’hôtel se défausse sur son prestataire.

La lutte contre la loi travail et ce qu’on appelle « l’inversion de la hiérarchie des normes » est plus que jamais nécessaire. Ce que vivent ces femmes de chambre en est l’illustration. Elles sont condamnées à faire grève (perdre des jours de salaires) afin d’obtenir une discussion avec leur employeur. Voilà ce qui arrivera lorsque la loi ou les accords de branche ne garantiront plus un cadre minimum en cas de négociations.

Un piquet de grève a lieu chaque matin à partir de 9h devant l’hôtel – 118 & 120 rue de Ruffi

Venez les soutenir !

Une caisse de grève est mise en place pour soutenir financièrement le mouvement dans la durée : Pot commun

Plan :

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